31 juillet 2013

Où l'on lira comment la prépa agit sur votre serviteur dévoué

Je lis Don Quichotte en ce moment, d'où le titre d'article bien dégueulasse. Je me suis dit que je n'avais pas vraiment fait d'articles "moi-la prépa" et que cela pourrait éventuellement intéresser certains d'entre vous qui envisagent une prépa. Je n'ai malgré tout pas la prétention de faire un article généralisant, en vous disant "la prépa c'est ça, voilà ce que vous allez ressentir, comme moi", mais plutôt de vous parler de mon expérience. J'en profite pour me regarder un peu, ça fait du bien dans le sens où ça me permet de faire un bilan.



Arrivant en hypokhâgne en septembre 2012, je m'étais préparée à souffrir, à en baver, à bosser tous les jours jusque minuit, au moins. La réalité fut un peu différente. Je suis (il faut le préciser en premier lieu) dans une petite prépa, une prépa familiale, j'ai beaucoup d'échanges avec mes profs, je sais pas mal de choses sur eux, ils sont assez proches de nous, et je crois que ça permet de mieux supporter certains aspects. Bien sûr je pourrais vous parler de l'administration qui semble tout faire pour nous mettre en retrait, nous bloquer, nous isoler, mais ce n'est pas le but de cet article. L'avantage aussi du côté familial de ma prépa, c'est que les DS ne sont pas le samedi matin, comme dans beaucoup d'autres prépas, mais le mercredi après-midi, j'ai donc un vrai week end pour moi et croyez moi j'en profite.
De septembre à novembre, je me suis sentie un peu perdue, je crois que je ne comprenais pas toutes les exigences des différentes matières, j'ai négligé la géo au profit d'autres matières, idem pour le latin.. Pourtant, je m'en suis sortie plutôt bien puisque j'ai "fini" dans la tête de classe au premier semestre. Mais avec un sentiment d'inaccompli ou d'incompréhension. Je ne dis pas que je ne bossais pas, ou même que je m'en sortais exceptionnellement bien par rapport à la quantité de travail, loin de là, seulement j'avais l'impression de ne pas subir l'enfer du travail prépateux, de ne pas souffrir de la prépa.
La période de décembre à février fut plutôt difficile, c'est une période de l'année éprouvante. Il fait froid, il fait nuit tôt, le jour se lève tard, c'était difficile de se lever le matin en sachant que quand je partais, il faisait nuit, et quand je rentrais il faisait aussi nuit. Vous vous dites peut être que c'est ridicule comme argument, mais croyez moi, quand on est fatigué, stressé, qu'on habite seul, on a besoin de lumière, de chaleur, de soleil, de choses qui permettent de rentrer et de ne pas avoir de se coucher, et de ne manger que de la soupe. Cette période fut difficile aussi parce que j'ai découvert que mon stress influait beaucoup sur mon corps, je n'arrivais pas à manger, je faisais de vraies crises d'angoisse, inexplicables, et qui me prenaient beaucoup d'énergie. J'ai réussi à "remonter" la pente avec le soutien de ma famille, et surtout de mon copain, qui est venu dormir avec moi pendant mon concours blanc, qui m'a obligé à me détendre, et je lui dois vraiment beaucoup cette année.
Ensuite, la dernière période d'avril à juin fut une période "heureuse", mais de travail intense, puisque la fin de l'année approchait, je prenais certaines matières de plus en plus à coeur (le français, le latin -et oui!-, la philo) et j'avais envie de m'en sortir, de m'arracher pour avoir des résultats. Je n'ai pas trop de recul sur mes DS et sur mes notes, mais j'ai eu l'impression de stagner, ou de progresser très lentement comparé à d'autres amies/personnes de ma classe, mais je suis plutôt satisfaite de cette dernière partie de l'année.

L'année d'hypokhâgne en dehors de ce rapport annuel très factuel, m'a apporté ce que j'attendais d'elle : une méthode de travail plus performante, une culture générale plus riche, et surtout beaucoup de curiosité et d'envie de persévérer dans les matières qui "se sont révélées à moi", à savoir les lettres. Je sais grâce à cette année (ça paraît sorti de nulle part, comme un tour de magie) que ce que je veux faire après dans la vie, après la prépa, ce sont des lettres, je veux étudier le français. C'est pour ça que j'ai choisi l'option lettres modernes, et j'espère vraiment que mon enchantement et mon amour pour le français perdurera, mais je n'imagine pas le cas contraire.
Mais cette année m'a aussi apporté pas mal de stress, et le fameux sentiment de culpabilité, celui qui est tous les jours, tout le temps présent et qui me dit "mais .... tu devrais pas plus bosser ? t'es sûre que t'as le temps de glander ?". Ce sentiment m'a bien bouffé, comme j'ai pu le dire, mais aujourd'hui j'arrive à l'estomper, et à prendre du "bon temps", à décompresser. C'est ça le plus important quand on s'engage en prépa, il faut avoir un exutoire, un défouloir, une activité qui permette de se vider de son stress, de ses angoisses, en ce qui me concerne, c'est le jogging, mais ça, je vous en parlerai peut être plus tard.


(et sinon, niveau travail d'été, j'ai bien avancé dans Don kiki, et surtout, j'ai fini de ficher l'histoire, bouquin sur lequel j'ai un QCM à la rentrée, je suis donc jouasse)

8 commentaires:

  1. Ah la culpabilité ! Tu résumes toute ma vie en un seul mot là (donc en prépa il y a 100% de chances pour qu'elle m'accompagne toute l'année). Sinon, tu dis que certaines matières se sont révélées à toi, comme les lettres, mais que pensais-tu de tes cours de français au lycée ? Je veux dire, la prépa peut vraiment nous faire changer de point de vue vis-à-vis d'une matière ?
    Sinon j'aime beaucoup cet article bilan, c'est génial que la prépa t'ait plu, malgré les difficultés, et j'espère que ta khâgne se passera bien aussi !
    (Et sinon : pas de DS le samedi matin, chanceuse ! J'aimerais mieux les avoir le mercredi après-midi aussi, au moins on peut faire deux nuit bien complètes par semaine).

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    1. Mais la culpabilité on s'en défait en se changeant les idées et en prenant la prépa du côté positif.

      J'aimais déjà les lettres avant, mais je pensais m'orienter plus vers l'histoire. Et au final, je me suis rendue compte que ce que j'aimais, c'étaient les lettres, les auteurs, le style d'écriture et que l'histoire ça me gonflait un peu. Je pense que la prépa peut altérer ton avis sur une matière, du fait que ce sont les matières enseignées "comme dans le supérieur", comme à la fac; et ça diffère beaucoup de l'enseignement au lycée...

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  2. Je n'aurais pas été capable de faire la prépa. La faculté de lettres m'a suffi ! Et on s'est mangé Don Quichotte aussi ;) M'enfin, c'est du plaisir par rapport à certains livres qu'on doit s'enfiler et qui sont indigestes.
    Bon courage pour la suite ! De toute façon, tant que tu te sens chez toi là-bas, tout ira comme sur des roulettes !

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  3. Ahahahaha j'aime ton titre d'article (entre futures optionnaires de Lettres...)

    Sinon je me suis vachement retrouvée dans ce que tu écris, autant pour le latin et la géo (sauf que perso je les ai honteusement boudés toute l'année) que pour les difficultés à manger (j'ai toujours eu des pb de comportement alimentaire par périodes mais cette année ça c'est considérablement aggravé) et puis aussi pour la prépa familliale, l'apport culturel etc... En bref je partage ton point de vue et j'ai l'impression qu'on a un peu le même parcours :)

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  4. Bon sang, j'ai lu tout ton blog d'une traite, et ça me fait bien flipper. Ça me donne super envie aussi. Du coup je ressens deux trucs complètement contradictoires et ça me fait encore plus peur...
    Enfin, merci pour tout ce que tu dis là-dedans (je rentre en hypokhâgne AL dans moins d'un mois).

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  5. Oh ,un petit réseau de préparationnaire :D !

    Un défouloir est nécessaire , au sens philosophique du terme (:, sinon on déprime. Moi, je sortais en ville mais je ne pense pas que c'était suffisant. J'aimerais faire du sport cette année ,le hic c'est que je ne suis pas très sportive (le jogging n'est pas fort^^). Est-ce que tu aurais des sports à me conseiller ?(:

    Quant à la prépa familiale , j'ai jamais très bien compris ce que c'était. J'ignore si la mienne est familiale , elle est régionale mais on n'a pas une ambiance particulière. Je suis curieuse ^^ , tu étudies dans quelle ville?

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    1. Je préfère ne pas dire où j'étudie (la peur d'être retrouvée toussa...). Mais je suis dans une petite prépa, une seule classe de hk et de kh, avec une kh toute jeune. J'ai des prof très très dévoués pour faire évoluer leur prépa, et du coup on a une relation très proche avec les profs, mais après je sais que ce n'est pas que le fait des petites prépas, et que des grandes prépas sont comme ça aussi.

      Pour le sport, le jogging j'y suis allée progressivement, en augmentant petit à petit la durée de ma course (je marchais/courrais/marchais et au bout d'un moment je marchais de moins en moins). Sinon, je sais que j'aurais aimé faire du badminton parce que ça tue bien et ça défoule.

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  6. Je comprends.^^ C'est génial d'avoir une relation si intense avec ses profs !Certaines grandes prépas sont comme ça aussi? Ca change des idées reçues ^^".

    Tu n'étais pas un petit bolide ,c'est normal.^^"Et tu faisais du sport pendant combien de temps? Le badminton me tentait aussi , je vois plus ce sport comme un loisir que comme un véritable sport, mais mon piètre niveau a eu raison de moi. xD

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